Un espace fortement marqué par la déprise

La rigueur climatique, la pauvreté des sols et  l’isolement, que n’a jamais rompu le passage de voies de communications historiques, condamnent les monts de Lacaune à une réputation d’austérité.

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Un isolement séculaire

Les difficiles conditions naturelles

Malgré la présence de quelques grosses fermes, les villages et hameaux traduisent une vie rurale difficile, liée à de lourds handicaps naturels. L’isolement, un climat rude, des terrains en forte pente rendent le développement malaisé.

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Le réseau peu développé

L’éloignement des grands axes de circulation, combiné à la complexité du réseau existant, a largement contribué à la perception d’isolement de cette région. Le morcellement du relief ainsi que les fortes pentes façonnent des voies ingrates.
Pourtant, une route en ligne de crête marque aujourd’hui la limite du département après avoir séparé Sénéchaussées du Rouergue et de Carcassonne. Elle a toujours permis les échanges avec le Languedoc, et favorisé l’installation du protestantisme entre Cévennes et Sidobre.

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Le bâti dispersé

Souvent de taille modeste, le bâti est assez hétérogène dans ses matériaux et ses modes constructifs. La diversité des sols est en effet importante et entraîne une utilisation hétéroclite dans le bâti.
Les caractéristiques montagnardes de l’architecture sont remarquées au travers des bardages d’ardoises en pignon. Ceux-ci assurent une protection contre les intempéries (vent et pluies).

Mairie de Murasson La proximité du Rougier permet quelques beaux encadrements qui tranchent sur un bâti austère.

Bardage d'ardoises

Une économie handicapée par les conditions naturelles difficiles

La valorisation forestière est apparue après guerre comme la seule alternative à ces handicaps mais n’a pu développer une filière économique complète

De fortes pentes

La structure en pente forte des terrains n’a pas permis à l’agriculture mécanisée de prendre le relais de l’agriculture traditionnelle, cédant la place à la forêt, spontanée ou plus souvent plantée.

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La forêt une alternative peu satisfaisante

L’omniprésence des plantations résineuses n’a pas, ou peu d’impact en termes de développement local. L’absence d’industries de transformation bloque les retombées économiques éventuelles sur la région.

Face au manque de surface utilisable, l’agriculture s’est tournée un temps vers l’élevage hors sol, le développement des porcheries étant favorisé par la proximité des salaisons de Lacaune. De larges bâtiments émaillent aujourd’hui les pentes.

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L’élevage ovin actuel

Le développement de l’élevage ovin lait se traduit actuellement par l’intensification des cultures fourragères sur les rares surfaces aux pentes raisonnables, autour des lignes de crête, amenant ponctuellement la réouverture de certains points de vue.

Un bâti inoccupé

La désaffection du bâti, pouvant atteindre des hameaux entiers, n’a connu souvent comme seule alternative que l’utilisation en résidence secondaire par des habitants du Midi majoritairement originaires des lieux.

Village de Brusque Elevage ovin