La disparition du « bocage minéral »

Comme sur l’Aubrac ou les Grands Causses, l’existence de gros domaines issus des possessions monastiques se traduit par une permanence dans l’occupation du sol et des bâtiments. Autour des villages, on assiste à un regroupement des exploitations plus modestes souvent accompagné de création de nouveaux bâtiments. La disparition des murets se généralise sous l’effet conjugué de ces agrandissements et du manque d’entretien.

Des murets effondrés qui avaient nécessité un lent travail d’épierrage des parcelles et de construction. C’est la structure même de ces paysages qui tend à disparaître avec eux.

Des murets effondrés qui avaient nécessité un lent travail d’épierrage des parcelles et de construction. C’est la structure même de ces paysages qui tend à disparaître avec eux.

Enfrichement & labour

Les différents statuts fonciers entraînent la coexistence d’un enfrichement très important par le genévrier sur les communaux et sectionnaux qui ne sont plus pâturés et de parcours ou bois pâturés transformés en champs grâce aux progrès mécaniques. La culture des dolines trop étroites ou trop encaissées est abandonnée tandis que des terrains dédiés à la pâture sont labourés, provoquant une destruction du sol de Causse.

Les pelouses envahies par le genévrier se ferment peu à peu Les zones, où la profondeur du sol est suffisante pour la culture, ne peuvent absorber l’intensification agricole. Il est fréquent de voir des terrains caussenards mis en culture : le sol inculte est littéralement concassé afin de recevoir une culture incongrue (maïs) dans un tel lieu.

Des secteurs bocagers qui disparaissent

La production de fourrage succède aux champs de froment qui avaient fait la prospérité historique de ce Causse. Ces nouvelles conquêtes s’accompagnent souvent de nouveaux bâtiments agricoles sans lien avec les anciens sièges d’exploitation, que la recherche de sources cantonnait le long des failles. L’existence de secteurs bocagers denses et remarquables sur les secteurs marneux est menacée par la pression résidentielle et l’intensification agricole.

Suite à divers remembrements, les haies composant le bocage disparaissent, les parcelles s’agrandissent modifiant la perception de ce paysage. L’intensification de l’agriculture et la pression urbaine pavillonnaire grignotent peu à peu les terrains de Causse. Un urbanisme qui colonise, s’étale et modifie irréversiblement les milieux.

Une forte pression urbaine

La proximité de Rodez constitue le facteur d’évolution majeur de cette entité. La très forte pression résidentielle s’est traduite par la réhabilitation du patrimoine bâti et s’accentue aujourd’hui par une forte demande de terrains constructibles. L’arrivée de la RN 88 à 2×2 voies surenchérit sur ce phénomène en y rajoutant notamment la création de zones d’activités.

Rénauvation exemplaire d'une maison du Causse Comtal

L’adduction d’eau et l’assainissement ont longtemps constitué des facteurs limitants à l’urbanisation. Une fois les terrains viabilisés, la pression urbaine peut engendrer un mitage important. Toutes ces évolutions peuvent se trouver en contradiction avec l’image de zone naturelle qu’en ont les Ruthénois et l’usage de loisir de proximité qu’ils en font. Le réseau hydrographique karstique rend ce secteur extrêmement sensible aux pollutions éventuelles.

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