La mise en valeur du territoire par les moines d’Aubrac et de Bonneval à partir du Moyen Age a laissé en héritage une structure foncière composée de gros domaines, une hêtraie préservée des défrichages formant ourlet aux hauts plateaux, ainsi que des traditions encore vivaces de gestion de l’espace (pâturages communaux, droit d’affouage …).

 

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Installée à mi-chemin entre le fond de vallée et les plateaux, dans un lieu propice au recueillement, l’abbaye de Bonneval occupe une position stratégique. Elle lui permet de gérer de vastes domaines comportant différents terroirs : des estives aux terrasses de vignes.

C’est aussi au système économique qu’ils ont impulsé que l’on doit la spécialisation précoce des différents terroirs. Les hauts plateaux sont voués à l’estive des transhumants, d’abord celle des ovins venant du Languedoc. A la fin du XVIIIe siècle, s’y développe la production du fromage de vache, donnant naissance au système des ‘montagnes’ et des burons qui perdurera jusqu’aux années 1960.

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Parallèlement, les vallées fournissent, grâce à une population nombreuse et laborieuse, vignes, fruits et châtaigniers cultivés en terrasses.

 

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Flaujac au débouché de la boralde sur la vallée du Lot

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La présence de l’eau y permet également l’installation d’une petite industrie (filature, tannerie). L’étage intermédiaire, assuré de pourvoir à ses besoins par ces échanges de proximité ou plus lointain (moutons et céréales du Causse), se consacre à l’élevage bovin.

Malgré les rigueurs géographiques, le territoire a été précocement traversé (peut être dès la préhistoire à la suite des migrations de grands herbivores), sur des axes fixés par la transhumance. La Via Agrippa franchit déjà des sommets à plus de 1300 m., le chemin de Saint Jacques de Compostelle suivra un itinéraire proche et donnera naissance au village d’Aubrac, refuge au milieu d’étendues inhabitées.

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L’installation du bâti obéit à la logique de l’étagement. Dans la vallée du Lot un chapelet de bourgs marque les dilatations de la vallée. Ils s’installent pour contrôler, souvent grâce à un château, les passages nord-sud d’abord autour d’un gué puis d’un pont. Les plateaux sont maillés d’un réseau de villages et de hameaux. Leur implantation se situe fréquemment au pied d’une coulée basaltique qui apporte abri et sources. En prenant de l’altitude on atteint vers 1000m la zone des grosses fermes isolées à laquelle succède la zone d’habitat temporaire vers 1100m (estives et burons).

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